Section
II - Coopération et recherche
L'ANACT prévoit deux grands moyens de
régler les différends qui découlent
de la mise en œuvre de l'Accord. Premièrement,
l'idée de la coopération a débouché
sur l'établissement de deux niveaux
de consultation officiels (à l'échelon
ministériel et à celui des bureaux administratifs
nationaux), et sur le recours aux services
d'évaluation des équipes d'experts.
Deuxièmement, la création de mécanismes
de règlement des différends a donné
lieu à d'autres activités de consultation
et mené à la formation de groupes spéciaux
arbitraux. Quoi qu'il en soit, tant
la teneur que l'esprit de l'Accord donnent
préséance aux activités coopératives
par rapport aux mécanismes établis en
vue de régler les différends; ces derniers
sont énoncés dans l'Accord à titre d'option
de dernier recours. En fait, aux termes
de l'article 20, les parties doivent
« en tout temps » s'efforcer de s'entendre
sur l'interprétation et l'application
de l'Accord, et « elles ne doivent ménager
aucun effort pour régler, par la coopération
et la consultation, toute question pouvant
affecter son fonctionnement ».
À cela s'ajoute un autre type de coopération, plus précis celui-là, énoncé à l'alinéa d) de
l'article premier de l'Accord; il s'agit de favoriser la réalisation d'« études conjointes afin
de contribuer à une meilleure compréhension mutuelle des lois et institutions régissant le
travail sur le territoire de chacune des parties ». L'exécution de ces études est prévue au
paragraphe 11(2), lequel précise qu'il s'agira de colloques, de séances de formation, de groupes
de travail et de conférences, de projets de recherche conjoints, d'une assistance technique et
de tout autre moyen dont les parties pourront convenir. Il sera question, dans la présente
section, de cette seconde forme de coopération. Il convient toutefois de noter qu'après une
lecture attentive des dispositions de l'Accord, il faut conclure que les projets de recherche et
les études sectorielles sont les seules activités qui peuvent être exécutées conjointement,
comme en fait foi l'alinéa 11(2)b).
Dans le but de garantir la réalisation d'activités énoncées dans ses objectifs, l'Accord a prévu
l'établissement de la Commission de coopération dans le domaine du travail, laquelle se compose
du Conseil ministériel, qui réunit les secrétaires du Travail du Mexique et des États-Unis et le
ministre du Travail du Canada, ainsi que d'un Secrétariat. Au nombre des fonctions du Conseil
ministériel figurent la détermination des priorités en vue de l'élaboration de mesures de
coopération, de même que l'approbation des rapports et études établis par le Secrétariat, des
experts indépendants et des groupes de travail, qui doivent être publiés par la suite.
L'article 11 de l'Accord énumère 16 domaines dans lesquels le Conseil ministériel peut favoriser
la réalisation d'activités coopératives entre les
parties3. Ces activités, à mesure qu'elles
font l'objet de rapports du Secrétariat, sont classées sous trois grandes rubriques : a) la
santé et la sécurité au travail; b) l'emploi et la formation de la main-d'œuvre; c) la
législation du travail et les droits des travailleurs. L'article 11 autorise également le
Conseil à définir d'autres domaines, si les parties sont d'accord. En outre, aux termes du
paragraphe 13(2), il incombe au directeur exécutif du Secrétariat de soumettre annuellement au
Conseil un plan de travail et un budget comportant des dispositions précises sur les activités
coopératives. Enfin, l'article 14 confère au Secrétariat deux types de responsabilités. En
premier lieu, on retrouve la préparation de rapports circonstanciels périodiques, fondés sur les
renseignements disponibles au public dans chacun des États membres, et concernant : a) les lois
et les procédures administratives en matière de travail; b) les tendances et les stratégies
administratives se rapportant à la mise en œuvre et à l'application des lois du travail; c) les
conditions du marché du travail, telles que le taux d'emploi, les salaires moyens et la
productivité des travailleurs; d) les questions relatives au développement des ressources
humaines, comme les programmes de formation et d'adaptation de la main-d'œuvre. Deuxièmement, il
incombe au Secrétariat de préparer des études sur toute question que le Conseil peut lui
soumettre. L'article 14 précise qu'à moins d'une décision contraire du Conseil, tous les
rapports et toutes les études doivent être rendus publics 45 jours après que le Conseil les ait
approuvés.
Selon l'article 16, les bureaux administratifs nationaux (BAN) remplissent deux grandes
fonctions qui consistent à faire la liaison et à produire des données. Leurs fonctions de
liaison interne visent les organismes gouvernementaux et les milieux syndicaux et patronaux de
chaque partie; les activités externes visent le Secrétariat, les autres BAN et les comités
d'experts. Pour ce qui est des renseignements, l'article 16 oblige les BAN à fournir les données
dont ont besoin le Secrétariat, les comités d'experts et les BAN des autres pays dans l'exercice
de leurs fonctions respectives.
A. Activités coopératives
Les activités coopératives ont été réalisées conformément à deux lignes directrices
fondamentales : celles qui sont accomplies, soit conjointement soit individuellement par les
BAN, et celles que le Conseil assigne directement au Secrétariat. Lorsque nous avons tenu notre
première réunion au siège du Secrétariat, à Dallas (Texas), ce dernier ne disposait pas de
toutes les données de base sur les activités coopératives mises en œuvre dans le cadre de
l'ANACT, surtout sur les activités réalisées par les BAN. La situation était attribuable en
partie au fait que les BAN, en particulier ceux du Mexique et des États-Unis, avaient été créés
avant que le Secrétariat n'entreprenne ses activités en septembre 1995. Depuis, le coordonnateur
des activités de coopération internationale du Secrétariat a fait des efforts considérables pour
corriger certaines de ces lacunes. Les renseignements que les BAN ont recueillis par la suite
ont donc servi de fondement à la présente évaluation. Cependant, il faut dire aussi que, comme
ces données sont en réalité provisoires, elles doivent être dûment documentées.
Comme l'illustre le tableau I, la plupart des activités coopératives ont été réalisées par les
BAN de différentes façons, soit individuellement ou soit conjointement, qu'il s'agisse de
réunions, de cours et de séminaires de petite envergure ou de la planification de conférences
annuelles. Il vaut la peine de signaler qu'une bonne partie de ces activités ont eu lieu en
1994, et que leur nombre a diminué de près de moitié l'année suivante.
Tableau I
ACTIVITÉS SELON LE RESPONSABLE DE L'ORGANISATION
| |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
Total |
| BAN |
17 |
5 |
8 |
5 |
35 |
| Échelon trinational |
|
|
|
1 |
1 |
| Commission/Secrétariat |
|
|
|
1 |
1 |
| Autre |
|
1 |
|
|
1 |
| Total | 17 | 6 | 8 | 7 | 38 |
Comme on peut le voir au tableau II, la concentration d'activités en 1994 est liée au fait que
le travail exceptionnel du BAN du Mexique (13 activités sur 17) ne s'est pas maintenu au cours
des années subséquentes. La baisse a probablement été occasionnée par la politique interne d'une
nouvelle administration fédérale ainsi que par la crise économique qui est survenue en 1995 -
laquelle, par ricochet, a eu une incidence sur le rendement. En revanche, les BAN des États-Unis
et du Canada sont parvenus à maintenir un rythme constant. Les activités de coopération
trinationales, et les activités organisées par le Secrétariat de la Commission sont concentrées
en 1997, soit la dernière année sur laquelle porte la présente évaluation.
Tableau II
ACTIVITÉS PAR BAN
| |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
Total |
| Mexique |
13 |
1 |
1 |
1 |
16 |
| Canada |
1 |
1 |
5 |
2 |
9 |
| États-Unis |
3 |
3 |
2 |
2 |
10 |
| Échelon trinational |
|
|
|
1 |
1 |
| Commission/Secrétariat |
|
|
|
1 |
1 |
| Autre |
|
1 |
|
|
1 |
| Total | 17 | 6 | 8 | 7 | 38 |
Le tableau III répartit les activités en fonction de leur type. Bien que la confusion entourant
l'utilisation de la terminologie pendant les quatre dernières années ait rendu difficile
l'établissement de catégories visant à définir clairement les divers domaines, il ressort
néanmoins du tableau que les différents types d'activités sont relativement bien équilibrés par
rapport aux exigences des parties et aux besoins précis de l'Accord dans son ensemble. En fait,
les cours et les colloques, qui représentent la majorité des activités, ont surtout eu lieu au
cours de la première année. De pair avec la croissance graduelle et constante du nombre
d'ateliers, l'élément qui précède démontre que le besoin de comprendre les particularités des
lois nationales du travail, ainsi que la situation économique et sociale de chaque pays, a
largement contribué à déterminer les sujets abordés et le type d'activités organisées au cours
des deux premières années. La concentration de conférences annuelles, ou d'activités réunissant
de nombreux participants, vers la seconde moitié de la période de quatre ans, témoigne d'une
meilleure compréhension des questions liées à la coopération.
Néanmoins, la lacune la plus importante concerne le peu de cas qui est fait des contributions
des participants aux activités spécialisées. Sur les neuf colloques qui ont été tenus au cours
des quatre années, deux seulement ont mené à la publication de rapports, tandis que le reste n'a
donné lieu qu'à des sommaires dans les bulletins publiés par le Secrétariat. Pour ce qui est des
ateliers, la situation est la même : aucun des sept ateliers qui ont été organisés durant la
période de quatre ans n'a donné lieu à une publication spéciale, malgré l'importance du sujet :
la législation et les pratiques en matière de travail, les questions d'équité en milieu de
travail, l'apprentissage continu et le perfectionnement, les programmes de sécurité du revenu,
les tendances et les indicateurs de productivité, le droit d'organisation et la liberté
d'association, ainsi que la législation du travail et la liberté d'association.
Si l'on tient compte du fait qu'un effort a été fait récemment pour résumer les renseignements
recueillis grâce à ce type d'activités, l'examen des archives du Secrétariat révèle clairement
que l'information découlant des activités organisées par les trois BAN et par le Secrétariat
circule mal. Ce dernier devrait donc réunir tous les renseignements voulus, susceptibles
d'éclairer la teneur et l'orientation des politiques en matière de publications soumises au
Conseil ministériel.
Le tableau III attire aussi notre attention sur la tendance à substituer aux cours, colloques et
ateliers, des séances (intergouvernementales, ou entre les gouvernements et d'autres secteurs
intéressés, dont le milieu universitaire) et des conférences annuelles. S'il est vrai,
néanmoins, que de telles séances et conférences résultent peut-être du suivi donné aux questions
soulevées lors des cours, des colloques et des ateliers, il ne faudrait tout de même pas
négliger ces activités dans la politique générale de mise en œuvre de l'Accord. Il ne fait aucun
doute que les conférences intensifient la publicité entourant les activités qui découlent de
l'ANACT ainsi que la participation à ces activités.
Tableau III
TYPES D'ACTIVITÉS
| |
1994 | 1995 | 1996 | 1997 | Total |
| Cours |
8 |
|
|
|
8 |
| Colloques |
6 |
1 |
1 |
1 |
9 |
| Visites d'étude |
|
1 |
1 |
|
2 |
| Séances intergouv. ou gouv. avec autres |
|
1 |
2 |
2 |
5 |
| Ateliers |
2 |
2 |
3 |
|
7 |
| Réunions annuelles |
|
1 |
|
|
1 |
| Semaines (activités d'envergure) |
|
|
|
1 |
1 |
| Conférences |
1 |
|
1 |
3 |
5 |
| Total |
17 |
6 |
8 |
7 |
38 |
Conformément aux règles énoncées dans l'Accord, les BAN sont chargés d'une grande partie des
activités qui s'inscrivent dans la catégorie générale de la coopération. Toutefois, des
questions d'intérêt national sont inévitablement soulevées dans un tel contexte. Le tableau IV
présente les renseignements que le Secrétariat a recueillis dans les trois grands domaines sur
lesquels portent ses rapports depuis 1995 : a) la santé et la sécurité au travail, b) l'emploi
et la formation de la main-d'œuvre; c) la législation du travail et les droits des travailleurs.
Le tableau fait clairement ressortir les intérêts suivants : le Mexique s'est particulièrement
soucié des questions liées à la santé et à la sécurité des travailleurs, mais s'est aussi
intéressé, de pair avec le Canada et le Secrétariat, à l'emploi et à la formation des
travailleurs. Cependant, le BAN des États-Unis s'est peu attardé sur ces questions et a eu
tendance à accorder la priorité à la législation du travail et aux droits des travailleurs.
Cette situation découle sans aucun doute du fait que toutes les communications du public
examinées par le BAN des États-Unis se rangeaient dans cette catégorie.
Tableau IV
ACTIVITÉS PAR SUJET
| |
|
1994 | 1995 | 1996 | 1997 | Total |
Santé et sécurité au travail
and Health |
NAO Mex |
11 |
|
1 |
|
12 |
| NAO Can |
1 |
1 |
1 |
1 |
4 |
| NAO USA |
1 |
1 |
1 |
1 |
4 |
| Trinational |
|
|
|
1 |
1 |
| Annual Meeting |
|
1 |
|
|
1 |
| Emploi et formation de la main-d'œuvre |
NAO Mex |
2 |
1 |
|
1 |
4 |
| NAO Can |
|
|
3 |
1 |
4 |
| NAO USA |
|
|
1 |
1 |
2 |
CLC/ Secretariat |
|
|
|
1 |
1 |
| Législation du travail et droits des
travailleurs |
NAO Mex |
|
|
|
|
0 |
| NAO Can |
|
|
1 |
|
1 |
| NAO USA |
2 |
2 |
|
|
4 |
| Total |
17 |
6 |
8 |
7 |
38 |
Il est difficile d'évaluer l'effet des activités qu'organisent les BAN. Le tableau V présente
les renseignements que le Secrétariat a recueillis, et montre la prédominance des activités de
moyenne envergure (de 16 à 50 participants) et de grande envergure (51 participants ou plus). Le
Mexique a joué un rôle exceptionnel dans l'organisation des activités de moyenne envergure,
surtout en 1994, et comme la plupart de ces activités réunissaient des spécialistes et un
auditoire, il est clair que l'on s'intéresse à la diffusion de normes et de renseignements liés
au domaine du travail. La prédominance des activités de grande envergure (conférences) en 1997,
la rareté des activités de petite envergure, et l'absence d'activités de moyenne envergure au
cours de la même année, sont le reflet de travaux complémentaires des travaux antérieurs qui ont
été effectués et qui portaient sur différents sujets.
Tableau V
ACTIVITÉS SELON L'ENVERGURE
| |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
Total |
| Petite envergure (jusqu'à
15 participants) |
2 |
2 |
2 |
2 |
8 |
| Moyenne envergure (de 16
à 50 participants) |
10 |
4 |
5 |
|
19 |
| Grande envergure (51 participants
ou plus) |
5 |
|
1 |
5 |
11 |
| Total | 17 |
6 |
8 |
7 |
38 |
Le tableau VI confirme en partie
les conclusions qui précèdent. Le
Mexique a organisé 11 activités
de moyenne envergure, sur les 19
organisées au cours des quatre années.
Toutefois, la répartition de ce
type d'activité est nettement plus
équilibrée dans le cas du BAN des
États-Unis et de celui du Canada.
On doit également signaler que le
Secrétariat n'a commencé qu'en 1997
à organiser des activités de grande
envergure.
Pour sa part, le Secrétariat a mis sur pied, en 1997, un groupe de travail sur l'indemnisation
des travailleurs transfrontaliers. C'est en fait la première fois que le Secrétariat s'occupait
d'une question qui lui avait été soumise directement par le public des trois pays (en
l'occurrence, les administrateurs provinciaux ou d'État des régimes d'indemnisation des
travailleurs).
Tableau VI
ACTIVITÉS PAR BAN SELON L'ENVERGURE
| |
BAN Mex. |
BAN É.-U. |
BAN Can. |
Autres |
Total |
| Petite envergure (jusqu'à
15 participants) |
2 |
3 |
3 |
0 |
8 |
| Moyenne envergure (de 16
à 50 participants) |
11 |
4 |
3 |
1 |
19 |
| Grande envergure (51 participants
ou plus) |
3 |
3 |
3 |
2 |
11 |
| Total | 16 |
10 |
9 |
3 |
38 |
B. Publications et publicité
En résumé, on peut formuler plusieurs observations générales en fonction de ce qui précède. Tout
d'abord, il convient de faire ressortir les lacunes au chapitre de la circulation des
renseignements entre les BAN et le Secrétariat. Selon l'Accord, l'une des responsabilités du
Secrétariat consiste à mettre à jour la liste des questions traitées et des activités organisées
par les BAN de manière à compléter les activités coopératives et la publication de normes que
prévoient l'Accord, ainsi que les lois et pratiques des parties en matière de travail.
L'amélioration de la communication, pour faire en sorte qu'elle soit constante, est l'une des
premières recommandations de cette section de notre évaluation. Il convient de noter, toutefois,
que les efforts faits par le Secrétariat pour mettre à jour les renseignements depuis les quatre
dernières années sont de bonne augure.
Cette première observation donne lieu à une seconde. Si l'un des objectifs principaux de
l'Accord consiste à mieux faire comprendre les lois et pratiques des parties en matière de
travail, il est clair néanmoins que cet objectif n'a été atteint qu'en partie. En fait, la
plupart des renseignements découlant des différentes activités n'étaient disponibles que pour
les participants aux activités. Les exposés, les conclusions et les comptes rendus sont restés
dans les archives des BAN qui organisaient les activités et, même si le Secrétariat avait
commencé à publier un bulletin, l'information n'a jamais rejoint un vaste public. Il y a
toutefois une exception digne de mention, à savoir la publication par le Secrétariat, sous forme
de livre, des exposés présentés à l'occasion du Colloque nord-américain sur les revenus et la
productivité en 1997. Nous recommanderions, en deuxième lieu, que le Secrétariat s'inspire de
l'information colligée lors d'activités antérieures pour réaliser des projets de recherche.
Enfin, notons que même si les études générales et les colloques réalisés par les trois pays
permettent aux parties de mieux se connaître, ces études sont, à certains égards, vagues et
ambiguës et ne permettent pas au public de bien comprendre comment elles s'appliquent dans des
situations concrètes.
C. Projets de recherche
À titre de membres de l'équipe d'évaluation, nous avons pu consulter les archives et les
rapports du Secrétariat. Nous avons donc pu établir qu'à partir de 1995, juste après son
inauguration, le Secrétariat a entrepris des études dans le domaine du travail.
Trois de ces études découlaient du plan de travail initial. La première, intitulée Les marchés
du travail en Amérique du Nord - Profil comparatif, est une analyse comparative importante des
statistiques sur le travail dans les trois pays. On y décrit les principales tendances liées à
des aspects importants comme l'emploi, les heures de travail, le chômage, la syndicalisation,
les salaires, la productivité, la répartition du revenu et les avantages sociaux.
L'étude suivante, un rapport préliminaire présenté au Conseil ministériel, porte sur les lois
régissant le travail et les relations industrielles au Canada, aux États-Unis et au Mexique. Ce
rapport décrit et analyse les lois du travail des trois pays touchant les trois premiers
principes de l'Accord : la liberté d'association, le droit de négociation collective et le droit
de grève. Publié en décembre 1996, ce rapport sert aussi de fondement à une étude plus complète
que mène présentement le Secrétariat.
Une troisième étude, qui s'intitule Les pratiques courantes et de pointe dans l'industrie du
vêtement en Amérique du Nord, devrait être présentée au Conseil au cours de l'année 1998. Cette
étude a été conçue en fonction des principes de base de l'ANACT, et part de l'idée selon
laquelle « la protection des droits fondamentaux des travailleurs amènera les entreprises à
adopter des stratégies concurrentielles axées sur une productivité élevée ».
À la suite du processus de consultation découlant de la communication no 9501, au sujet de la
fermeture d'usines ou de la menace de fermeture pour empêcher les travailleurs de se syndiquer,
le Conseil ministériel a commandé une quatrième étude. Pour ce faire, le Secrétariat a retenu
les services de spécialistes afin de procéder à des recherches dans chacun des trois pays,
surtout auprès des tribunaux du travail. Les résultats de ces études ont clairement fait
ressortir les différences qui existent entre les lois nationales et les pratiques de travail
qu'utilisent les employeurs et les syndicats dans les trois pays. Publiée en juin 1997 sous le
titre Fermetures d'usines et droits des travailleurs, cette étude est un bel exemple de travail
de recherche apportant des données comparatives sur le domaine du travail, allant au-delà de la
comparaison de statistiques et de cadres juridiques, et aidant les intéressés à mieux se
comprendre.
Les progrès accomplis grâce à cette l'étude ont amené le Secrétariat à proposer la rédaction de
rapports succincts sur des sujets précis. Le premier d'entre eux, qui s'intitule L'emploi des
femmes en Amérique du Nord, porte plus précisément sur les tendances observées dans ce marché du
travail nord-américain entre 1984 et 1996.
Le Secrétariat publie aussi un bulletin trimestriel, disponible par abonnement, qui traite des
activités de la Commission de coopération dans le domaine du travail et qui présente des
statistiques et d'autres indicateurs comparatifs liés au marché du travail de chacun des trois
pays. Aux activités publicitaires accomplies par le Secrétariat depuis sa création, en septembre
1995, se sont ajoutées la mise sur pied d'une bibliothèque, au siège du Secrétariat, à Dallas
(Texas), ainsi que la conception de pages Internet spécialisées.
Les observations générales à cet égard sont liées, évidemment, à celles qui ont été énoncées
dans la section précédente. La première observation - et la plus évidente - concerne le fait que
les projets de publicité du Secrétariat sont distincts des activités des BAN, à l'exception de
l'étude menée sur la société Sprint (communication no 9501). Dans ce cas, tant l'étude que les
activités publicitaires la concernant ont été commandées par le Conseil ministériel.
Les premières publications visaient à répondre aux besoins d'information d'un point de vue
comparatif, sans perdre de vue les instructions du Conseil ministériel, qui s'en tenait aux
questions relevant de sa compétence. Ces études ont contribué à combler des lacunes dans les
connaissances de base sur divers aspects pertinents du cadre juridique et des pratiques des
parties dans le domaine du travail.
Il est donc recommandé qu'en vue de jeter les fondements d'autres études plus précises, on
consolide les efforts déployés pour mieux faire connaître les cadres législatifs et, avant tout,
les pratiques générales en matière de travail.
À cet égard, il est urgent de procéder à la traduction, dans les trois langues officielles de
l'ANACT, des lois du travail ainsi que des dispositions réglementaires connexes des parties. Le
Secrétariat devrait poursuivre ses efforts pour étendre et consolider les recherches de base,
qui constituent le fondement d'études comparatives ultérieures.
Après avoir franchi avec succès la première étape de son développement, le Secrétariat dispose
maintenant de deux grands moyens d'étendre ses activités de recherche et de publicité. Le
premier consiste à travailler en collaboration étroite avec les BAN; le second repose sur
l'examen des sujets à l'étude d'un point de vue comparatif, et il s'agit peut-être là de la
meilleure façon de produire des données et des connaissances sur les différences précises qui
existent entre les lois et les pratiques des trois pays.
Une dernière recommandation serait que le Secrétariat soumette au Conseil ministériel une
politique en matière de publications et de publicité qui soit plus énergique et plus vaste, qui
fixerait des priorités bien définies.
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