| III.
Consultations ministérielles
Aux termes de l'article 22 de l'ANACT, toute partie peut demander que des consultations
aient lieu au niveau ministériel avec une autre partie au sujet de toute question visée
par l'ANACT. Ces consultations ont pour objet de résoudre des questions d'une façon
mutuellement avantageuse, conformément à l'esprit de collaboration qui caractérise
l'Accord. Au cours des deux premières années d'existence de l'ANACT, l'article 22 a
été invoqué à deux reprises, soit une fois par les États-Unis et une autre par le
Mexique, au sujet de dossiers concernant tous deux la liberté d'association.
À ces deux occasions, le Canada a appuyé le plan d'action qui avait été convenu
lors des consultations ministérielles, et il participe à toutes les initiatives
conjointes mises en oeuvre à cet égard.
A. Plainte no 940003 adressée au BAN des États-Unis
Le 13 octobre 1994, le BAN des États-Unis a accueilli pour fin d'examen une plainte
ayant trait à la liberté d'association et au droit d'organisation. Il était allégué
dans cette plainte que des travailleurs d'une usine située à Nuevo Laredo (Tamaulipas),
au Mexique, avaient fait l'objet de pressions et de mesures d'intimidation pour être
finalement congédiés par la compagnie lorsqu'ils avaient voulu mettre sur pied un
syndicat; que la direction de l'usine avait agi en complicité avec le syndicat établi et
les autorités locales pour élire des représentants syndicaux qui étaient prêts à se
conformer aux exigences de la direction; que la police avait eu recours à la violence
pour disperser des travailleurs qui participaient à une manifestation pacifique; que les
autorités mexicaines ont refusé l'accréditation sans motif valable lorsque les
travailleurs ont tenté de créer un syndicat indépendant. Le BAN n'a toutefois pas
accepté d'examiner les allégations concernant les normes d'emploi minimums, étant
donné que les intéressés n'avaient pas tiré parti des recours prévus par les lois du
Mexique.
Le BAN des États-Unis a obtenu des renseignements par divers moyens, notamment une
audience publique tenue à San Antonio, au Texas, le 13 février 1995, et a publié
un rapport d'examen le 11 avril 1995. Dans son rapport d'examen public, le BAN des
États-Unis a recommandé au secrétaire du Travail américain de demander la tenue de
consultations ministérielles avec son homologue mexicain au sujet de l'accréditation
syndicale, et il a également recommandé que d'autres activités de coopération soient
menées relativement aux élections et à la démocratie syndicales. En outre, le BAN des
États-Unis s'est engagé à étudier des cas de prétendus congédiements injustes dont
le conseil de conciliation et d'arbitrage mexicain avait été saisi, et il a demandé au
BAN du Mexique de lui donner des renseignements sur les allégations relatives à la force
excessive à laquelle la police avait eu recours pour disperser les travailleurs lors de
la manifestation.
Au terme des consultations, les ministres sont parvenus à l'entente à trois volets
suivante : qu'une série de trois colloques publics sur l'accréditation syndicale serait
organisée; que les autorités mexicaines effectueraient une étude interne sur
l'accréditation syndicale; que les autorités mexicaines et les parties concernées
tiendraient une série de rencontres.
Conformément au deuxième volet de cette entente, le secrétariat mexicain du Travail
et de la Sécurité sociale a établi une équipe d'experts indépendants chargés
d'effectuer une étude sur la législation du travail et les pratiques concernant
l'accréditation des syndicats.
Enfin, conformément au troisième volet de l'entente, des fonctionnaires du
secrétariat mexicain du Travail et de la Sécurité sociale ont rencontré, le
26 juin 1995 à Mexico, des représentants de la direction de la compagnie; ils ont
également rencontré les dirigeants syndicaux locaux et certains des travailleurs
directement concernés, à Nuevo Laredo, entre le 21 et le 24 août 1995.
De plus, le BAN des États-Unis a retenu à contrat les services d'une équipe
d'experts qui ont examiné certains dossiers traités par le conseil de conciliation et
d'arbitrage mexicain ayant trait à de prétendus congédiements injustes. Les résultats
de cette étude seront rendus publics au début de 1996.
Colloque sur l'accréditation syndicale
13 et 14 septembre 1995
Mexico, Mexique
Il s'agit du premier des trois colloques publics dont avaient convenu les ministres au
cours de leurs consultations. Des groupes de spécialistes des trois gouvernements ont
discuté de l'accréditation syndicale au Mexique, aux États-Unis et au Canada. Le grand
public, les parties intéressées ainsi que les travailleurs concernés par la plainte ont
participé activement aux discussions, dont les médias ont largement fait état.
Colloque sur l'accréditation syndicale
8 et 9 novembre 1995
San Antonio (Texas), États-Unis
Au cours de ce deuxième colloque, des experts indépendants des relations
industrielles bien connus des trois
pays ont été choisis pour discuter
de l'accréditation syndicale, ainsi
que de la démocratie interne et
d'autres questions relatives aux
relations industrielles soulevées
dans la plainte. Encore une fois,
la participation du public et la
couverture des médias ont été considérables.
Le troisième et dernier colloque a lieu à Monterrey, au Mexique, en février 1996.
B. Plainte no 9501 adressée au BAN du Mexique
Le 9 février 1995, le BAN du Mexique a reçu une plainte concernant les prétendues
infractions exposées ci-après, laquelle était soumise par le syndicat des travailleurs
du téléphone de la République du Mexique. Le BAN du Mexique, conformément à l'ANACT
ainsi qu'à ses règles sur la question, a examiné la plainte. L'examen a essentiellement
porté sur les dispositions de la législation américaine qui protègent la liberté
d'association ainsi que le droit d'organisation, qui sont des principes fondamentaux dans
les trois pays signataires de l'ANACT.
Au mois de février 1994, les employés d'une compagnie de San Francisco, en
Californie, ont amorcé la mise sur pied d'un syndicat, avec l'appui des Travailleurs en
Communication d'Amérique du Nord. Par la suite, les employés et la compagnie ont signé
un accord devant le National Labor Relations Board (NLRB), organisme américain chargé de
superviser toute élection syndicale. Une semaine avant le 22 juillet 1994, soit la
date à laquelle l'élection syndicale devait avoir lieu, la compagnie a fermé ses
bureaux de San Francisco, prétextant de graves difficultés financières. Plus de
200 travailleurs ont été mis à pied.
Le 18 juillet 1995, les travailleurs ont soutenu devant un juge administratif que la
compagnie avait fermé ses portes afin de faire obstacle à la mise sur pied d'un
syndicat, ce qui constitue une infraction manifeste aux lois garantissant la liberté
d'association et le droit d'organisation.
Le 30 août 1995, un juge administratif a conclu que la compagnie avait enfreint
le sous-alinéa 8a)1 de la National Labor Relations Act (NLRA) en se livrant
à des activités qui brimaient les droits des employés définis par la NLRA. Toutefois,
le juge a également conclu que la compagnie avait fermé ses portes pour des motifs
commerciaux licites. L'affaire a été portée en appel devant le NLRB.
Le 31 mai 1995, une fois l'étude terminée, le BAN du Mexique a diffusé son rapport,
recommandant au secrétaire du Travail et de la Sécurité sociale alors en poste,
M. Santiago Oñate, de demander la tenue de consultations avec le secrétaire du
Travail américain, M. Robert Reich. Ce rapport public peut être obtenu auprès du BAN du
Mexique.
Le 2 juin 1995, le secrétaire Oñate a demandé la tenue de consultations
ministérielles avec son homologue américain au sujet des répercussions de la fermeture
soudaine d'un lieu de travail sur la liberté d'association et le droit d'organisation des
travailleurs. Le secrétaire du Travail américain a accepté de prendre part à des
consultations ministérielles. Les 26 et 27 juillet, des représentants des deux
ministères du Travail se sont rencontrés pour définir les paramètres des consultations
ainsi que les plans relatifs à la tenue des consultations.
Le 15 décembre 1995, les gouvernements américain et mexicain en sont venus à
une entente exposant un plan en trois étapes en vue de régler cette plainte. L'entente,
signée par le secrétaire Reich et le nouveau secrétaire du Travail mexicain, M. Javier
Bonilla, et appuyée par le ministre canadien, M. Alfonso Gagliano, prévoit ce qui
suit :
- Le secrétaire Reich informera le secrétaire Bonilla de tout nouveau développement
juridique dans cette affaire qui surviendra à l'extérieur du Département du travail.
- Le Secrétariat de la Commission de coopération dans le domaine du travail étudiera
les répercussions de la fermeture soudaine d'usines sur le principe de la liberté
d'association et sur le droit d'organisation des travailleurs des trois pays.
- Le Département américain du travail tiendra un colloque public à San Francisco afin
de donner l'occasion aux parties intéressées de faire connaître leurs préoccupations
sur les répercussions de la fermeture soudaine d'usines sur le principe de la liberté
d'association et sur le droit d'organisation des travailleurs.
Conformément au troisième volet de l'entente conclue au cours des consultations
ministérielles, le colloque public a lieu le 27 février 1996, à San Francisco, en
Californie, aux États-Unis.
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