Deuxième
partie : La syndicalisation dans les
trois pays signataires de l'ANACT
ÉTATS-UNIS
Aux États-Unis, la syndicalisation
commence d'habitude au moment où des
travailleurs, préoccupés par leurs
conditions de travail, entrent en
contact avec un représentant syndical.
Dans certains cas, ce sont des représentants
syndicaux qui cherchent à entrer en
communication avec des travailleurs,
à un lieu de travail particulier,
pour des raisons stratégiques - habituellement,
lorsque le syndicat entretient déjà
une relation au chapitre de la négociation
collective avec le même employeur,
ou avec un ou plusieurs autres employeurs
de la même industrie. Cependant, il
n'est pas obligatoire qu'un syndicat
limite ses activités de syndicalisation
à une seule industrie, ou que les
travailleurs cherchent un syndicat
qui représente déjà des travailleurs
au sein de leur entreprise ou de leur
industrie. Aux États-Unis, bien des
syndicats représentent des groupes
de travailleurs qui n'ont aucun rapport
avec leur industrie principale. Ainsi,
le Syndicat des métallurgistes représente
quelques groupes d'infirmières et
infirmiers, le Syndicat des travailleurs
de l'automobile représente des commis
de sociétés d'assurance, etc.
Le représentant syndical organise
normalement une série de réunions
avec les travailleurs, à leur domicile,
à un bureau du syndicat ou à un restaurant,
une salle louée ou un autre lieu de
rencontre. Les travailleurs renseignent
le représentant sur les conditions
qui règnent au lieu de travail, et
le représentant informe les travailleurs
de la manière dont fonctionne le syndicat.
Habituellement, les travailleurs les
plus intéressés forment un «comité
organisateur» pour militer ouvertement
en faveur de l'implantation du syndicat
au lieu de travail.
À un certain stade (cela peut être
au début ou plus tard, après la formation
du comité organisateur), le représentant
syndical remet aux travailleurs des
cartes que ces derniers signent pour
indiquer qu'ils désirent que le syndicat
les représente dans le cadre de négociations
collectives. Certains syndicats préfèrent
que des organisateurs internes remettent
les cartes à leurs collègues de travail,
au lieu de travail même, ce qui est
permis dans la mesure où cette sollicitation
a lieu à des endroits ou à des moments
non réservés au travail (le plus souvent,
pendant une pause ou à la salle où
les travailleurs prennent leurs repas).
Si 30 p.100 des travailleurs faisant
partie de l'« unité de négociation»42
signent une carte, le syndicat peut
demander au bureau le plus près du
NLRB de tenir un scrutin secret pour
déterminer si une majorité de travailleurs
désire être représentée par le syndicat.
Cependant, les organisateurs syndicaux
attendent en général qu'une grande
majorité des travailleurs aient signé
une carte (la majorité des deux tiers
est une mesure non officielle qu'emploient
souvent les organisateurs chevronnés).
Le syndicat demande ensuite que l'employeur
le reconnaisse, ce qui est presque
toujours refusé. Il demande alors
au NLRB de procéder à un scrutin de
représentation.
Le délai qui sépare le dépôt de la
demande de la tenue du scrutin est
en moyenne légèrement en deçà de 50
jours. La plupart des scrutins ont
lieu dans un délai de 30 à 60 jours;
20 p.100 des scrutins se tiennent
plus de 60jours après le dépôt de
la demande.43
Le délai peut être prolongé lorsque
l'employeur conteste la définition
de l'unité de négociation que préconise
le syndicat.
Les semaines précédant le scrutin
que tient le NLRB sont habituellement
marquées par des campagnes énergiques
de la part des deux parties. La campagne
de recrutement du syndicat consiste
souvent à porter des macarons et des
t-shirts, à distribuer des feuillets,
à tenir des rassemblements et à user
d'autres tactiques. La campagne antisyndicale
de l'employeur prend habituellement
la forme de discours de la part de
membres de la direction aux travailleurs
rassemblés, de lettres envoyées au
domicile des travailleurs, ainsi que
de séances de formation et d'instructions
destinées aux surveillants, pour que
ces derniers fassent part de l'opposition
de l'employeur à la formation d'un
syndicat dans le cadre d'entretiens
personnels et de discussions en groupe.
De nombreux employeurs retiennent
les services de groupes de consultants
ou de cabinets d'avocats spécialisés
dans les campagnes antisyndicales.
En général, certains travailleurs
faisant partie du groupe visé s'opposent
à la syndicalisation. Ils établissent
souvent un comité du «non», et font
campagne contre les partisans du syndicat.
Il est illégal pour l'employeur d'être
l'instigateur d'un tel comité, ou
de lui prêter main-forte. Il n'est
pas rare qu'il survienne au travail
des débats et des échanges animés.
Les derniers jours qui précèdent le
scrutin, après plusieurs semaines
de campagne, la tension est habituellement
fort vive.
Des agents du NLRB procèdent à un
scrutin secret, habituellement au
lieu de travail, dans un délai suffisant
pour permettre à tous les travailleurs
admissibles de voter pendant les heures
de travail. On se sert habituellement
à cette fin d'un isoloir muni d'un
rideau, pour préserver le caractère
secret du scrutin. Une fois que ce
dernier est terminé, l'agent du NLRB
compte les votes en présence d'observateurs
représentant le syndicat et la direction.
L'une ou l'autre partie peut faire
opposition au scrutin, si elle estime
que la partie adverse a usé de tactiques
déloyales. Si aucune opposition n'est
faite, ou si le NLRB règle les oppositions
formulées sans annuler le scrutin,
les résultats de ce dernier sont certifiés.
Si le syndicat l'a emporté, le NLRB
l'accrédite comme représentant négociateur
unique, et l'employeur est contraint
de négocier de bonne foi avec lui.
Entre 1990 et 1995, les syndicats
ont déposé en moyenne 5 000 demandes
de scrutin par année auprès du NLRB.
Abstraction faite des retraits et
des rejets, 3 200 scrutins ont eu
lieu, et les syndicats ont emporté
la victoire dans 1500 cas environ
(47 p.100). (Le tableau 2 présente
des statistiques sur les scrutins
tenus par le NLRB entre 1990 et 1995.)
Négociations postérieures à
l'accréditation
L'obligation d'agir «de bonne foi»
fait souvent l'objet de nouvelles
accusations de pratiques de travail
déloyales lorsqu'un syndicat et une
entreprise entament des négociations
stériles. Dans les cas où il est reconnu
que l'employeur négocie de mauvaise
foi, la mesure de redressement accordée
est une ordonnance prescrivant de
retourner à la table de négociation
et de négocier de bonne foi. Rien
dans la loi n'oblige l'employeur ou
le syndicat à s'entendre sur une clause
contractuelle quelconque ou à conclure
une entente globale. Si les négociations
mènent vraiment à une impasse, l'employeur
peut appliquer unilatéralement sa
dernière proposition.44
Le syndicat peut déclencher une grève,
ou l'employeur peut décréter un lock-out,
à l'appui de leur position de négociation.
Tableau 2
RÉSULTATS DES SCRUTINS DE REPRÉSENTATION
TENUS PAR LE NLRB - 1990-199545
| Exercice |
Demandes
de représentation déposées |
Demandes
rejetées ou retirées |
Scrutins
de représentation |
Victoires
syndicales (*taux de succès+ aux
scrutins) |
| 1990 |
6
005 |
2
398 |
3
607
(60 %) |
1
773
(49 %) |
| 1991 |
5
162 |
1
868 |
3
294
(64 %) |
1
465
(44 %) |
| 1992 |
4
946 |
1
852 |
3
094
(63 %) |
1
476
(48 %) |
| 1993 |
5
084 |
1
932 |
3
152
(62 %) |
1
524
(48 %) |
| 1994 |
4
610 |
1
428 |
3
182
(69 %) |
1
481
(47 %) |
| 1995 |
4
571 |
1
498 |
3
073
(67 %) |
1
456
(47 %) |
| Moyenne |
5
063 |
1
829 |
3
234
(64 %) |
1
529
(47 %) |
CANADA
Au Canada, la syndicalisation commence
souvent comme suit : des travailleurs
non syndiqués entrent en communication
avec un représentant syndical pour
qu'on les aide à former un syndicat
à leur lieu de travail. Les travailleurs
peuvent s'adresser à n'importe quel
syndicat pour les représenter; ils
ne sont pas tenus de se limiter à
un syndicat situé dans leur entreprise
ou desservant leur industrie (le plus
important syndicat du secteur privé
au Canada, les Travailleurs canadiens
de l'automobile, négocie pour le compte
de travailleurs dans de nombreuses
industries qui ne sont pas liées au
secteur de l'automobile).
Une série de réunions ont habituellement
lieu au domicile des travailleurs
ou à d'autres lieux de rencontre.
Pour ce qui est de la formation d'un
syndicat, le mécanisme de base est
la signature de cartes individuelles
autorisant le syndicat à agir comme
agent négociateur des travailleurs.
Dans une majorité des provinces, signer
la carte équivaut en fait à voter
en faveur de la représentation syndicale.
L'administration fédérale et six des
dix provinces du pays prévoient l'accréditation
du syndicat à titre d'agent négociateur
s'il obtient des cartes signées d'une
majorité de travailleurs au sein de
l'unité de négociation (dans certaines
provinces, le seuil exigé est de 55
p.100 ou 60 p.100, afin d'éviter les
différends s'il y a un nombre restreint
de cartes). La commission des relations
du travail compétente ou, au Québec,
le commissaire général du travail
vérifie l'authenticité des cartes
avant de procéder à l'accréditation
du syndicat. C'est ce que l'on appelle
la méthode d'accréditation par «vérification
des cartes».
Dans les provinces qui exigent habituellement
la tenue d'un scrutin,46
celui-ci a normalement lieu dans les
jours qui suivent le dépôt de la demande.
En Ontario, par exemple, qui a récemment
délaissé le système de la vérification
des cartes en faveur d'un système
de scrutin obligatoire, le scrutin
doit avoir lieu dans les cinq jours
qui suivent le dépôt de la demande.
Le système de vérification des cartes
et la tenue rapide d'un scrutin qui
caractérisent la syndicalisation au
Canada expliquent l'absence relative
de campagnes vigoureuses et prolongées
pour ou contre la représentation syndicale.47
Résultats de la syndicalisation
au Canada
Il ressort d'une étude des résultats
de l'accréditation au Canada entre
les années 1990 et 1995 que, dans
les deux provinces les plus grandes,
soit l'Ontario et le Québec, la commission,
dans le premier cas, et le commissaire
général, dans le second cas, ont reçu
en moyenne 953 et 983 demandes d'accréditation
d'un nouveau syndicat chaque année.
En Colombie-Britannique, le chiffre
était de 523 demandes par année, tandis
que le Conseil canadien des relations
du travail en a reçues 161.
En ce qui concerne l'Ontario et le
Québec, les demandes accueillies étaient
en moyenne au nombre de 616 et de
712 par année - ce qui représente
un taux de succès de 65p.100 et de
72 p.100 respectivement. La Colombie-Britannique
a accordé 338 accréditations par année
(65 p.100 des demandes), et le Conseil
canadien en a accordées 102, ce qui
équivaut à un taux de succès de 63
p.100. (Le tableau 3 présente des
statistiques sur l'accréditation entre
1990 et 1995.)
Négociations postérieures à
l'accréditation
Selon la législation canadienne du
travail, l'employeur est tenu de négocier
de bonne foi avec un syndicat accrédité.
Le défaut de négocier de bonne foi
constitue une pratique de travail
déloyale. En outre, une majorité de
provinces, de même que l'administration
fédérale, prévoient un mécanisme spécial
de règlement pouvant mener à l'arbitrage
exécutoire d'une première convention
lorsqu'un syndicat nouvellement formé
est incapable de s'entendre avec l'employeur.
Tableau 3< DEMANDES
D'ACCRÉDITATION ET ACCRÉDITATIONS
ACCORDÉES DANS CERTAINES ADMINISTRATIONS
CANADIENNES (1990-1995)
|
Conseil
canadien des relations
du travail
Demandes d'accréditation
reçues |
198990 |
199091 |
199192 |
199293 |
199394 |
199495 |
Moyenne |
175 |
175 |
155 |
127 |
173 |
160 |
161 |
| Accréditations
accordées |
198990 |
199091 |
199192 |
199293 |
199394 |
199495 |
Moyenne
|
89 |
133 |
92 |
81 |
103 |
113 |
102 (succès
de 63%) |
|
Commission
des relations de travail
de l'Ontario
Demandes d'accréditation
reçues |
198990 |
199091 |
199192 |
199293 |
199394 |
199495 |
Moyenne |
910 |
775 |
1
092 |
824 |
1
166 |
n.d. |
953 |
| Accréditations
accordées |
198990 |
199091 |
199192 |
199293 |
199394 |
199495 |
Moyenne |
573 |
511 |
660 |
509 |
829 |
n.d. |
616 (succès
de 65 %) |
Bureau
du commissaire général
du travail du Québec
Demandes d'accréditation
reçues |
198990 |
199091 |
199192 |
199293 |
199394 |
199495 |
Moyenne |
1,267 |
903 |
1,320 |
768 |
785 |
854 |
983 |
| Accréditations
accordées |
198990 |
199091 |
199192 |
199193 |
199394 |
199495 |
Moyenne |
899 |
640 |
978 |
643 |
556 |
555 |
712 (succès
de 72 %) |
Commission
des relations de travail
de la Colombie-Britannique
Demandes d'accréditation
reçues |
198990 |
199091 |
199192 |
199293 |
199394 |
199495 |
Moyenne |
435 |
409 |
347 |
692 |
648 |
607 |
523 |
| Accréditations
accordées |
198990 |
199091 |
199192 |
199293 |
199394 |
199495 |
Moyenne |
250 |
244 |
197 |
509 |
437 |
393 |
338 (succès de
65 %) |
| «
Taux de succès » moyen pour
les quatre administrations
combinées : 66 % |
|
MEXIQUE
Au Mexique, la syndicalisation est
soumise à un système juridique fondamentalement
différent de ceux qui s'appliquent
aux États-Unis et au Canada. Dans
ce pays, les syndicats requièrent
l'intervention du gouvernement pour
pouvoir agir légalement, et doivent
donc obtenir un enregistrement officiel
auprès de l'organisme gouvernemental
compétent. Pour ce qui est des syndicats
relevant de la compétence de l'administration
fédérale, c'est le ministère du Travail
qui tient le registre. Au niveau des
États, l'enregistrement s'obtient
auprès du CCA de l'État. Selon la
loi, l'octroi de l'enregistrement
est une mesure de nature purement
administrative, dans la mesure où
le syndicat respecte les conditions
rattachées aux demandes.48
N'importe quel groupe d'au moins
20 travailleurs, même s'ils ne représentent
qu'une minorité des travailleurs d'une
entreprise, peut former un syndicat
en s'enregistrant officiellement auprès
des autorités chargées des relations
du travail. La tenue d'un scrutin
n'est pas nécessaire. Habituellement,
le syndicat doit s'affilier à un syndicat
enregistré du secteur industriel auquel
appartient l'employeur - les travailleurs
de l'alimentation avec un syndicat
des travailleurs de ce secteur, les
travailleurs du textile avec un syndicat
du textile, les machinistes avec un
syndicat de machinistes, et ainsi
de suite.
Une fois qu'il est enregistré, le
syndicat peut exiger une convention
de l'employeur. Cependant, le Mexique
ne voit pas l'«accréditation» d'un
syndicat dans le sens où on l'entend
aux États-Unis ou au Canada, ce qui
oblige légalement l'employeur à négocier
avec le syndicat choisi par une majorité
des travailleurs. Le Mexique n'exige
pas l'appui d'une majorité pour qu'un
syndicat puisse s'enregistrer, et
n'applique pas le principe de l'«obligation
de négocier». L'employeur peut rejeter
la demande de convention du syndicat,
ce qui pousse ce dernier à déclencher
la grève. Le syndicat doit dans ce
cas évaluer s'il est en mesure d'entreprendre
une grève efficace sans l'appui de
la majorité.
Lorsqu'une grève éclate, l'employeur
doit cesser ses activités. Cependant,
dans les trois jours qui suivent,
il peut obtenir un vote dans lequel
le syndicat doit faire la preuve que
la majorité des travailleurs sont
en faveur de la grève. Dans la négative,
la grève doit prendre fin, et les
travailleurs doivent rentrer au travail,
sinon ils risquent d'être congédiés.
Si le syndicat prouve qu'il bénéficie
de l'appui de la majorité, l'employeur
reste fermé. Le syndicat et l'entreprise
peuvent continuer de se mesurer l'un
à l'autre jusqu'à ce qu'ils arrivent
à un règlement, ou alors solliciter
la médiation et l'arbitage auprès
du CCA. L'intervention de ce dernier
est la voie habituellement suivie.
Au Mexique, la constitution de nouveaux
syndicats (le fait pour des personnes
travaillant en un lieu non syndicalisé
de chercher à former un syndicat,
à faire enregistrer ce dernier et
à obtenir une convention là où il
n'y en avait pas auparavant) est un
phénomène relativement peu fréquent.
Dans les entreprises du secteur privé
relevant de la compétence de l'administration
fédérale,49
lesquelles comptent plus de 2,5millions
de travailleurs, 125 demandes d'enregistrement
de nouveau syndicat ont été déposées
chaque année, entre 1989 et 1994,
auprès du ministère du Travail et,
en moyenne, 25 enregistrements ont
été accordés par année.50
Si le nombre de nouveaux syndicats
formés dans la sphère de compétence
de l'administration fédérale est relativement
faible, il importe de garder à l'esprit
qu'au Mexique, le degré de syndicalisation
est élevé dans le secteur non agricole
structuré. Dans ce pays, 85 p.100
des entreprises manufacturières comptant
plus d'une centaine de travailleurs
sont syndicalisées. En outre, plus
de 50 p.100 des travailleurs des entreprises
du secteur privé relevant de l'administration
fédérale sont syndiqués.51
(Le tableau 4 présente des statistiques
sur le degré de syndicalisation dans
les industries du secteur privé relevant
de l'administration fédérale au Mexique.)
Comme la plupart des entreprises
de grande et de moyenne taille du
secteur structuré au Mexique sont
déjà syndicalisées, les chances qu'un
nouveau syndicat voie le jour dans
ce secteur sont nettement réduites.
La plupart des personnes qui travaillent
dans une entreprise établie sont déjà
visées par une convention collective.
Ces personnes constituent toutefois
une minorité au sein de la population
active totale. Par contraste avec
les États-Unis et le Canada, où près
de la moitié de la population active
se retrouve dans les entreprises d'au
moins 500 travailleurs, seul le tiers
de la population active du Mexique
se retrouve dans des entreprises comptant
50 travailleurs ou plus. Sur 100 travailleurs
mexicains, 60 sont dans des entreprises
de moins d'une quinzaine de travailleurs,52
dont un grand nombre se situent dans
le vaste secteur non structuré. Les
syndicats sont surtout absents des
petites entreprises, des petites exploitations
agricoles et du secteur non structuré.
Il y a des exceptions signalées dans
certaines maquiladoras, où
de grandes entreprises ne sont pas
syndicalisées. Les entreprises de
ces zones relèvent habituellement
de la compétence des États, et non
de l'administration fédérale.
Les campagnes de syndicalisation
au Mexique sont, dans une large mesure,
le fait de syndicats déjà enregistrés
qui tentent d'en supplanter un autre
en tant qu'agent négociateur des travailleurs.
Dans certains cas, ce sont les travailleurs
qui veulent un changement. Dans d'autres,
un syndicat rival sollicite l'appui
des travailleurs en faveur d'un changement.53
Dans les entreprises du secteur privé
relevant de la compétence de l'administration
fédérale, il est survenu en moyenne,
entre 1990 et 1994, 636 litiges entre
des syndicats au sujet du droit de
représentation, comparativement aux
25 nouveaux cas d'enregistrement par
année signalés précédemment.54
Lorsqu'un syndicat soutient qu'il
bénéficie de l'appui de la majorité
et acquiert de ce fait le droit de
prendre à son compte la convention
collective d'un syndicat en place,
le CCA compétent procède à un vote,
appelé recuento, afin de déterminer
quel syndicat a l'appui de la majorité.55
Le syndicat qui obtient cet appui
peut alors prendre à son compte la
convention collective.
Tableau 4 MEXIQUE
DEGRÉ DE SYNDICALISATION DANS LES
INDUSTRIES DU SECTEUR PRIVÉ
RELEVANT DE L'ADMINISTRATION FÉDÉRALE,
1994
SECTEUR
D'ACTIVITÉ |
TRAVAILLEURS
(ADMIN. FÉDÉRALE) |
TRAVAILLEURS
SYNDIQUÉS (ADMIN. FÉDÉRALE) |
TAUX
DE SYNDICALISATION |
| TOTAL
TEXTILE
ÉLECTRICITÉ
CINÉMATOGRAPHIE
CAOUTCHOUC
SUCRE
EXPLOITATION MINIÈRE
FONDERIES ET ACIÉRIES
ÉNERGIE
CIMENT ET PIERRE CALCAIRE
AUTOMOBILE
PRODUITS CHIMIQUES
PÂTES ET PAPIERS
HUILES VÉGÉTALES
TRAITEMENT D'ALIMENTS EMBALLÉS
EMBOUTEILLAGE
CHEMINS DE FER
BOIS D'UVRE
VERRE
TABAC
BANQUES ET COOPÉRATIVES DE
CRÉDIT
AUTRES (ADMIN. FÉDÉRALE) |
2
557 122
97 337
87 473
26 513
46 232
184 863
64 427
113 614
94 462
32 898
139 772
123 068
47 635
16 400
210 316
152 275
95 706
30 765
19 072
6 095
259 164
709 035 |
1
314 431
80 536
77 503
18 124
9 121
63 631
26 193
34 113
81 648
11 069
59 178
27 339
20 066
8 529
61 439
81 197
36 432
7 037
12 901
3 667
95 163
499 545 |
51,4
82,7
88,6
68,4
19,7
34,4
40,7
30,0
86,4
33,6
42,3
22,2
42,1
52,0
29,2
53,3
38,1
22,9
67,6
60,2
36,7
70,5 |
|